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LES CHIENS DE CHASSE Quelques races parmi les 5 grandes familles de chiens de chasse. Les chiens courants
Les chiens d'ordre pour la chasse à courre :
Les chiens d’arrêt Le travail du chien d'arrêt consiste à prospecter le terrain (quêter) devant le chasseur pour y détecter le gibier, puis à le bloquer par son arrêt.Deux catégories parmi les chiens d'arrêt : les continentaux et les britanniques.
Les leveurs de gibier
Les chiens de terrier
Les chiens courants
Difficile de penser "chiens courants" sans y associer "chasse aux chiens courants", tant ces races canines sont liées à la pratique de la chasse. Depuis des lustres, les chasseurs ont su s'adjoindre les services de chiens propres à poursuivre le gibier, soit pour le prendre, soit pour le pousser vers un piège, et à "donner de la voix", pour indiquer le déroulement de la traque. Dès le moyen âge, les rois et les seigneurs fixèrent des races pour forcer cerfs, sangliers, chevreuils et loups. Le fauve de Bretagne faisait partie des quatre races royales. C'est certainement l'une des plus anciennes, qui existe toujours aujourd'hui, mais dont le standard s'est modifié pour s'adapter à notre époque. "Un seigneur de Lamballe, écrit du Fouilloux, célèbre auteur cynégétique, avec une meute de chiens fauves et rouges, lança un cerf en une forêt de la contrée de Poinctièvre, et le chassa et pourchassa l'espace de quatre jours, tellement que le dernier jour, il l'alla prendre près de la ville de Paris". "Les simples gentilshommes ajoute Henri de la Blanchière, dans l'ouvrage "les chiens de chasse" paru en 1875, n'élevaient pas beaucoup de cette race parce que, hors le cerf, elle ne faisait que peu de cas du lièvre et courait trop aisément sus au bétail; ce qui indique des amis un peu sauvages ! " Avant la révolution, seuls la noblesse et le clergé avaient le "droit de meute" et ce n'est qu'après 1789 que la chasse -y compris avec les chiens courant- se démocratisa. Toutefois, l'entretien d'une meute n'était pas à la portée de toutes les bourses. En fait, l'avènement des armes à feu, vers 1850, démocratisa la chasse aux chiens courants bien plus que ne le fit la Révolution : il suffisait de détenir quelques bons chiens sans trop se formaliser sur la race, de les lâcher dans une remise sur un "pied" frais et de se placer sur le passage présumé du gibier pour le tirer.
Un extrait des "Gentilshommes chasseurs", livre le plus célèbre du Marquis de Foudras, édité en 1848, illustre parfaitement le passage et la différence entre le "chien d'ordre" des veneurs et le "courant" des chasseurs à tir. Vingt ans avant la Révolution, un grand-oncle du marquis se prit de passion pour la chasse à courre, qu'il pratiquait infailliblement tous les jours de l'année -sauf celui de Pâques - entretenant dans son chenil soixante-dix chiens ardennais, légers et infatigables. La vieillesse arrivant, le chasseur impénitent dut renoncer à monter à cheval. La Révolution lui ayant par ailleurs confisqué une grande partie de ses biens, il décida de vendre ses Ardennais, pour les remplacer par une petite meute de bassets "au pied lent mais à la voix retentissante et à l'odorat infaillible. Si on ne forçait plus comme autrefois, on s'en consolait en tirant au fusil et en étudiant les ruses du gibier, plus maître de son intelligence devant des chiens moins rapides". Les bassets permettaient également de s'adapter au morcellement et au respect des propriétés, dont les nobles ne se souciaient pas vraiment sous l'Ancien régime. Ces nouveaux chiens courants étaient souvent des bâtards des chiens d'ordre. Le briquet, qui désignait diverses races de pays, bénéficiait des faveurs de nombreux chasseurs. L'origine du nom est révélatrice du peu de considération que les grands veneurs d'antan accordaient aux chasseurs utilisant ces petits chiens: le briquet s'appelait également bracon d'où... braconnier.
La vénerie connaît actuellement un certain regain, les chasses étant suivies par des amateurs de plus en plus nombreux. Les "chiens d'ordre", appelés ainsi car cette chasse exige une grande discipline de la part de chiens qui doivent "rester sous le fouet" tout au long de l'année, ont donc encore de beaux jours devant eux. Français, anglo-français tricolores, poitevins, porcelaines, bleus de Gascogne et bien d'autres devraient encore longtemps faire résonner nos profondes forêts des échos de leurs menées endiablées. Quant à la chasse à tir aux chiens courants, elle s'est développée en France, au point de devenir très populaire, et a gagné ses lettres de noblesse. Elle recueille aujourd'hui les faveurs de nombreux chasseurs, hormis dans le nord et l'est. Si ce mode de chasse connaît également beaucoup de succès en Italie, il est très peu pratiqué dans les pays germaniques et d'Europe du nord, où on lui préfère les chasses silencieuses dites sélectives, approche et affût, dans lesquelles le rôle du chien se limite à l'éventuelle recherche d'un gibier blessé. Les Anglais sont restés de grands amateurs de vénerie, du renard en particulier, mais la chasse aux chiens courants ne s'y est pas développée de façon populaire, comme chez nous. Toutefois, notre chauvinisme dût-il en souffrir, force est de reconnaître que les chiens courants anglais, tant pour la vénerie que pour la chasse à tir, connaissent grand succès en France. Ces chiens importés ont produit des races comme les anglo-français. D'autres, tels les beagles ou les harriers, qui ont retrempé nos briquets, connaissent toujours les faveurs des chasseurs à tir. Ce mode de chasse s'est adapté à son époque et la joyeuse pagaille qui pouvait régner naguère n'a plus cours. En premier lieu, les chasseurs se sont trouvés confrontés à l'explosion démographique du chevreuil, résultant du plan de chasse. Rien n'est plus pénible, pour une équipe de chasseurs espérant une belle menée sur un sanglier, sur un renard ou sur un capucin, que de voir les chiens partir sur un chevreuil quand celui-ci n'est pas le gibier recherché ! Pour éviter ces mésaventures, ces journées de chasse avortées par le départ d'un "biquet", les chasseurs ont dû travailler leurs chiens, les sélectionner, les discipliner, comme l'ont fait avant eux les veneurs. Le maître mot de la chasse aux chiens courants est désormais: "créancé". Un chien créancé sur le renard ou le sanglier ne devra pas partir sur un chevreuil ou sur un lièvre : c'est la règle. Des chiens créancés, pour le respect de l'éthique. "Il faut leur apprendre ce qui est bon et ce qui ne l'est pas explique un maître d'équipage. Les bons sujets comprennent très vite et ensuite, il n'est même plus besoin d'éduquer les jeunes: leurs aînés s'en chargent". Le respect de la propriété d'autrui demande également des chiens bien mis. Cette difficulté accrue pour la pratique de la chasse a provoqué un nouvel engouement, dans le respect d'une éthique plus sévère qui a trouvé ses règles. Des concours et épreuves de chiens courants se déroulent dans de nombreuses régions sur des milliers d'hectares, attirant une foule considérable. Les brevets de chasse sur renard en Bretagne sont de véritables événements cynégétiques. Chaque année, certains petits villages des monts d'Arrée deviennent, le temps d'un week-end, la capitale du chien courant. Paradoxalement, le fort développement du sanglier, animal de chasse aux chiens courants par excellence, a apporté quelque ombrage à cette chasse. Les bêtes noires se sont sédentarisées. Leur chasse a perdu en ampleur ce qu'elle a gagné en abondance. D'où l'apparition en force des chiens de terrier anglais et allemands, qui ont souvent détrôné nos courants, notamment en Champagne, en Picardie. La chasse, avec ces petits chiens qui ne suivent guère le gibier au-delà de quelques centaines de mètres, est plus facile. Elle permet aux fusils postés de mieux juger des animaux qui se présentent sans être poursuivis, et aide à la gestion. Le concours Saint-Hubert
Chaque automne, des chasseurs accompagnés de leur chien participent au concours Saint Hubert, l'épreuve du chasseur sachant chasser avec son chien. Dans ce concours, dont l'objet est de promouvoir l'image de marque du chasseur moderne, le comportement du maître compte autant que celui du chien. Pour juger des qualités de chacun et de la complicité régnant entre les deux, le jury suit le tandem durant une séance de chasse pratique de 20 minutes. L'adresse au tir du chasseur, sa courtoisie, ses connaissances cynégétiques et cynophiles, sa prudence et sa présentation sont autant d'éléments entrant en ligne de compte, sans oublier les qualités du chien et son dressage.
Les premiers de chaque catégorie (chiens d'arrêt, spaniels, jeunes chasseurs, chasseuses, etc.) participent à la finale de la région cynégétique. Les vainqueurs de cette sélection régionale sont conviés à la finale dans le domaine prestigieux des anciennes chasses présidentielles de Rambouillet. |
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